Moussa, tu viens de vivre, avec Auxerre, une année 1996 extraordinaire
Le groupe a vécu des moments épatants, avec le
titre, la victoire en Coupe de France et, pour finir, notre parcours victorieux en
Champions League. Mais le souvenir le plus fort, pour moi, demeure lambiance qui a
régné au sein du groupe. Cest une aventure que nous avons vécue tous ensemble.
Solidaires. Personne na tiré la couverture à lui. En plus, nous sommes des
pionniers puisque jamais le club navait obtenu de tels résultats. Nous sommes à
tout jamais dans le livre dor du club.Avec,
en conclusion, la superbe qualification pour les quarts de finale de la Champions
League !
Nous avons réalisé un très bel exploit en nous
qualifiant, grâce à nos deux dernières victoires, à Amsterdam puis contre les Rangers,
à lAbbé-Deschamps. On la fait à larraché mais cest encore plus
beau de cette façon. La victoire contre lAjax reste la référence. Cest le
match qui nous a donné le plus de force.
Avant le match, sentais-tu que vous pouviez
gagner ?
Javais une intuition. Nous connaissions
lAjax puisque nous avions perdu contre eux, lors de la première rencontre. Les
Hollandais ne nous semblaient pas supérieurs. Nous avons joué notre chance à fond. Et
cela nous a souri. Au départ de lépreuve, nous étions le "petit"
Auxerre. Au bout du compte, nous terminons en tête
Auxerre a su, une fois de plus, parfaitement assumer son
rôle doutsider ?
Nous savons nous montrer réalistes. En football,
il ne faut jamais senflammer trop vite. Au départ, nos chances de qualification
étaient minimes, mais nous les avons exploitées au maximum. Sans trop nous poser de
questions. Cest aussi la force dAuxerre !
Quel est ton avis sur votre prochain adversaire
européen, le Borussia Dortmund ?
Cette équipe sera plus forte que celle de 1993,
lorsque nous lavons affrontée. Les Allemands ont aujourdhui beaucoup plus de
maturité. Ils ont, en plus, récupéré des joueurs qui ont vécu une expérience en
Italie, comme Möller ou Sammer. A notre image, Dortmund tire surtout sa force de son
collectif. Le Borussia est très dangereux sur le plan offensif. Nont-ils pas
terminé avec le meilleur total de buts inscrits sur lensemble de la Champions
League (Ndlr : avec 14 buts) ? Notre défense, mais aussi toute léquipe
auxerroise, devra se montrer vigilante.
Tu restes quand même confiant
Bien sûr. Face au Borussia, cest du 50-50.
De toute façon, on prend les matches comme ils viennent
Mais nous reparlerons
dEurope au mois de mars. Auparavant, récupérons tous nos joueurs et
concentrons-nous sur le Championnat. Le véritable objectif du club est de terminer
européen à la fin de la saison.
Justement, avec toutes les blessures qui nont pas
épargné lAJA, ces dernières semaines, navais-tu pas un doute sur les
capacités du club à sen sortir ?
Cest délicat pour lentraîneur de ne
jamais disposer de la même équipe, dun match à lautre. Heureusement pour
nous, leffectif auxerrois est riche en éléments de valeur, même parmi les jeunes.
Ceux-ci ont su répondre présent. Dans ce sport, on a besoin de toutes les bonnes
volontés. Je ne suis pas certain que dautres clubs en France auraient pu réussir
la même performance dans ces conditions. Maintenant, jespère que tous nos blessés
vont revenir le plus vite possible, après la trêve.
Selon toi, y a-t-il une explication à cette série de
blessures qui vient dhandicaper lAJA ?
Physiquement, plus le niveau est élevé, plus
nous sommes sous la menace dun mauvais coup. Il y a beaucoup dengagement et de
contacts. A cause de la fatigue, de la répétition des matches
, on paie cash la
moindre blessure
Et sur le plan personnel, tu nas pas été
épargné !
La preuve (il montre son poignet gauche
plâtré). Actuellement, je souffre dune fracture du scaphoïde, depuis le match
contre Paris. Et avant le déplacement à Glasgow, javais un hématome au pied. Je
narrivais même pas à enfiler une chaussure
Pour linstant, ce sont des
petits bobos. Lors des matches, je serre les dents et repars au combat. Jespère
revenir en janvier tout beau, tout neuf !
Est-ce difficile dassumer le rôle de champion
pour un club comme Auxerre ?
Cest toujours délicat de repartir de zéro
lorsquon vient de réussir le doublé. Tout le monde nous attend au tournant. Il
faut se remotiver. Là, pour le coup, nous ne sommes plus des outsiders mais lune
des équipes à battre, au même titre que le PSG ou Monaco. Cest toujours un
accomplissement de terrasser le champion de France. Les autres clubs jouent lun des
sommets de la saison face à nous. Cela fait partie du jeu
Auxerre a souvent été
dans cette position du petit qui mangeait le gros.
Penses-tu quAuxerre peut conserver son
titre ?
Le championnat est encore long. Au classement,
nous sommes à dix points de Monaco. Lannée dernière, nous étions à peu près
dans la même situation par rapport au PSG. Alors
Personnellement, as-tu limpression que tous ces
matches à répétition nuisent au travail accompli à lentraînement ?
Cest clair. Avec la Champions League, nous
avons joué presque tous les trois jours. Cest de la folie ! Entre deux
rencontres, on ne fait pratiquement que de la récupération. Parfois, mon sac
dentraînement, je ny touche même pas ! Cest également très dur
pour la concentration. Pour moi, cest usant. Lorsque nous jouons un match européen,
je nai aucune difficulté à me concentrer. Ce nest pas la même dimension que
le Championnat. Mais, trois jours plus tard, en D1, cest vraiment très très dur de
se remettre dans le bain. Il faut être fort mentalement. Heureusement, Guy Roux gère
parfaitement ce problème. Dans ce domaine, cest un expert !
Dune saison à lautre, ton rôle a-t-il
changé ?
Par rapport à lan passé, la seule chose
notable est que jai changé de zone. Avant, jévoluais à droite. Maintenant,
je me situe plutôt sur la gauche. Je suis aussi peut-être plus influent sur le jeu,
parce que jai plus de maturité. Désormais, nous évoluons avec deux milieux
défensifs et, depuis le départ de Corentin Martins, je suis le seul à orchestrer la
manuvre. Jai davantage de responsabilités. Je my suis parfaitement
adapté.
En venant à Auxerre, il y a quatre ans, pensais-tu
vivre des choses aussi fortes ?
Non. Mon ambition était de prouver ma valeur, de
découvrir la Coupe dEurope. Mais, de-là à devenir champion, cétait
impossible à imaginer. Dailleurs, il y a quatre ans, personne ny songeait à
lAJA. Au fil des saisons, nous avons acquis de lexpérience. Le groupe est
resté stable. Donc, logiquement, nous nous sommes montrés de plus en plus ambitieux. Les
places dhonneur à Auxerre, on connaît par cur. La saison dernière, nous
nous sommes dit : "pourquoi pas nous ?". Nous nous sommes accrochés
parce que nous sentions que notre heure allai sonner.
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes,
sil ny avais pas eu ce dernier match de Championnat, la saison passée, contre
Nantes à lAbbé-Deschamps. Ce jour-là, tu as subi un choc. Peux-tu nous le
rappeler ?
Je demande aux gens de se mettre à ma place. Je
souffrais dune douleur à une côte. Jétais resté chez moi. Je venais de
jouer 33 matches sur 38 possibles pour mon club. Jétais le meilleur passeur du
Championnat, javais aussi inscrit six buts
Bref, javais participé
activement à la conquête de ce titre. Pour célébrer lévénement, avant le coup
denvoi de ce dernier match, lentraîneur appelle tous les joueurs sur la
pelouse et oublie de me citer ! Je lai très mal accepté.
Mais pourquoi Guy Roux a-t-il agi ainsi ?
La veille, il y avait eu un malentendu entre
nous. Jétais en colère et refusais de venir pour cette ultime rencontre. Que
pouvait-il me reprocher ? Quelques jours plus tôt, javais accepté de jouer la
finale de la Coupe de France sans tenir compte de ma santé, pour lintérêt de
léquipe. Je lai fait alors que jétais sous infiltration pour ma côte
bisée. Et là, devant un stade plein, pour un match diffusé à la télé, il
moublie volontairement
Javoue que jai pleuré devant mon écran.
Tout seul, comme un gamin.
As-tu ressenti ce moment comme une cassure ?
Ah oui ! Ca ma coupé les jambes. Je
ne voulais même plus revenir. Jétais prêt à rentrer chez moi, là-bas, en
Algérie. Jétais vraiment dégoûté. Mes deux ans de contrat avec lAJA, je
nen avais plus rien à f
! Bon, Guy Roux est le manager général à
Auxerre qui décide de tout. Cest une chose. Mais il naurait pas dû avoir
cette attitude envers moi. Cela ne se fait pas. Dailleurs, les spectateurs
nont même pas compris. (Il se calme)
Allez, cest du passé. Oublions
tout ça !
As-tu eu une explication avec lui, après cet
incident ?
Non. Je nai pas cherché à comprendre. Il
aura, de toute façon, toujours le dernier mot. Je garde tout ça pour moi. Cest une
expérience comme une autre
Ta décision de quitter lAJA date-t-il de ce
différend avec ton entraîneur ?
Non. Il ne faut pas tout mélanger. La saison
dernière, je voulais déjà partir. Javais eu des contacts notamment avec
lOM. Guy Roux na pas accepté, et jai respecté sa décision. Il gère
un groupe et doit garder un équilibre. Si jétais parti, cela lui aurait posé
problème. Récemment, nous avons rediscuté de mon possible départ et, là, il ma
donné son feu vert.
Donc, quoi quil en soit, cest ta dernière
saison en Bourgogne ?
A 90 %, oui
As-tu déjà une idée sur ta prochaine
destination ?
Il existe trois Championnats alléchants :
lEspagne, lItalie et lAngleterre. A un degré moindre, lAllemagne.
Jai quelques contacts, mais il est trop tôt pour en parler
Ce ne serait pas
honnête. Pour linstant, je ne pense quà Auxerre. Je donnerai le maximum de
moi-même pour connaître dautres grands moments avec ce club.
Guy Roux ta quand même confié le brassard de
capitaine à plusieurs reprises, cette saison. Nest-ce pas une preuve de
confiance ?
Cest une belle récompense. Cela prouve que
jai un rôle important à tenir dans le groupe. Ce geste ma rassuré. Le coach
a de la considération pour moi. Cest bien de sa part. Jespère que jai
supplée au mieux Sabri Lamouchi, durant son absence.
Tu es arrivé à Auxerre en 1992. Quy as-tu
appris ?
En Algérie, le football est amateur. Ce
nest pas le même monde. Jai donc découvert le professionnalisme. Cest
un bagage indispensable pour la suite de ma carrière. En plus, Guy Roux est un modèle.
Il est dur. Trop dans doute. Il ne nous lâche pas, surveille tout. Mais il ne faut jamais
oublier que cest dans notre intérêt. Lorsque je moccuperai de
léducation denfants, je noublierai pas ces principes. Le sérieux est
indispensable pour réussir. Sur le terrain, jai appris la rigueur. Tactiquement, en
Algérie, tu fais ce que tu veux ! Je sais désormais ce que défendre veut dire.
Pour devenir un bon joueur, il faut savoir tout faire.
Auxerre est-il un grand club ?
Tout y est parfaitement organisé autour de trois
hommes de qualité : Guy Roux, Jean-Claude Hamel et Gérard Bourgoin. Il y a une
grande complicité entre les trois, parce quils travaillent ensemble depuis des
années. LAJA est un club riche, qui gagne de largent. Donc, cest un
grand club.
Rien na été simple pour toi lors de la première
saison, en 1992-1993
Jai attendu un an sur le banc de
touche ! Jai vécu des moments pénibles, mais je reconnais que ce fut utile.
Jétais dégoûté. Jarrivais de la JS Kabylie où jétais titulaire et
international. Et à Auxerre, je débarque pour me retrouver en D3 ! Mais je devais
être patient. Guy Roux avait été franc avec moi : il ne mavait pas caché
que la première saison serait une année dadaptation. Quil ne comptait pas
sur moi dans limmédiat. Ensuite, Daniel Dutuel est parti à Marseille. Il fallait
alors que je prouve ma valeur pour lui succéder. Ensuite, tout sest enchaîné
favorablement.
Avais-tu la nostalgie de ton pays au début ?
Absolument. Dautant que jétais seul. Chez
moi, en Algérie, javais lhabitude dêtre en famille. Il ma fallu
un bon temps dadaptation avant de trouver mes marques, de me faire des amis
Je
nai pas un caractère très expansif. Du coup, les gens ne viennent pas facilement
vers moi.
As-tu failli partir ?
Je me posais des questions mais Guy Roux est venu
chez moi, à la fin de la première année. Il ma dit : "maintenant, à
ton tour de jouer !" Il ma donné la force de ma battre de nouveau.
Sur le terrain, ressens-tu la même chose lorsque tu
marques et lorsque tu fais marquer ?
Cest comparable. Je suis à la disposition
dun collectif. Si je marque, je pense beaucoup à celui qui ma fait marquer.
Et inversement. Sur un but, on est toujours lié à ses partenaires. Lexploit isolé
est plutôt rare. Même si cest toujours un plaisir particulier dinscrire un
but
Tu es lun des meilleurs passeurs du Championnat.
Est-ce que cela te demande un travail particulier à lentraînement ?
Non, cest naturel. Cest un instinct.
Mais, là encore, on nest rien si ses coéquipiers de lattaque
nexploitent pas les bons ballons devant. Cest évidemment un travail
collectif.
Tu taccordes combien de temps au plus haut
niveau ?
Encore six-sept ans
Si mes jambes sont
assez solides pour me porter jusque-là ! Ensuite, je retournerai en Algérie. Mon
désir est daider les jeunes de dix-douze ans, sans licence, à découvrir les
vraies bases du football. Je souhaite leur montrer ce que jai appris ici dans le
domaine professionnel. Mon but est de devenir entraîneur. Sans pour autant être à la
tête dune grande équipe. Je veux minvestir dans la formation.
Tu veux être un précurseur en Algérie, dans ce
domaine ?
Cest vrai. Là-bas, il ny a
pratiquement pas de structures, peu de moyens. Je veux offrir ça aux gamins.
Jaimerais aboutir à ce projet au sein de mon ancien club, la JS Kabylie.
Enfant, cest quelque chose qui ta
manqué ?
Evidemment. Jai découvert le football dans
la rue. Cest une bonne école, mais tu napprends pas les gestes essentiels.
Seuls tes dons naturels te permettent de progresser. Si tu es doué, tu es détecté par
hasard. Cest le bouche à oreille qui te permet dattirer les recruteurs.
Jai signé ma première licence à douze ans.
Tu es issu dune famille nombreuse
Je suis laîné dune famille de neuf
enfants. Jai cinq frères et trois surs. Mon père est décédé lan
passé, donc je suis devenu le chef de famille. Ma mère a été très courageuse. Elle a
bossé toute sa vie. Je lui dois beaucoup. Jessaie de lui rendre aujourdhui ce
quelle ma apporté lorsque jétais gamin. Mes proches passent avant
tout.
Au niveau de tes frères, il y a dautres
footballeurs ?
Ah oui ! Jai un petit frère de seize
ans, Ramzi, qui joue au même poste que moi. Il est international Cadets et joue à la JS
Kabylie. Il semble sur la voie de son frère. Mes amis me disent quil est même plus
fort que moi ! Il a un avantage sur moi : ma mère le laisse jouer. Quand je
faisais des essais dans des clubs, elle ne voulait pas que je my rende. Elle
souhaitait que je privilégie mes études. Jai poussé jusquau bac
sans
lobtenir. Maintenant que je suis Pro, elle lencourage parce quelle
sest rendu compte quon pouvait réussir dans le football.
Tu es un pilier de la sélection algérienne ?
Jy ai débuté en 1988. Avec elle,
jai remporté la CAN 1990. Cest un superbe souvenir. Javais 21 ans. Pour
lanecdote, javais été suspendu toute lannée, pour une sombre histoire
de double licence signée entre Tiaret et Tizi-Ouzou. Je ne jouais que les rencontres
internationales. Je navais absolument pas disputé le Championnat. Et, lors de cette
Coupe dAfrique, jai disputé les cinq parties de lAlgérie, sans avoir
de matches dans les jambes. En plus, cétait le premier titre pour lAlgérie.
Jétais peut-être trop jeune pour apprécier vraiment
Comment expliques-tu les problèmes de la sélection
aujourdhui ?
Nous ne bénéficions daucun staff
technique de qualité. La matière première existe : nous possédons
dexcellents joueurs. Mais cest le bazar autour. Il ny a pas
dentraîneurs, cest la valse des présidents ! Il ny a aucun suivi,
aucune stabilité
Cest du bricolage, incompatible avec le haut niveau.
Cest une plaie. Je ny comprends plus rien.
LAlgérie est déjà hors course pour le Mondial
98. Comment ressens-tu cet échec prématuré ?
Comme une catastrophe. Jétais abattu. En
plus, une Coupe du monde en France. Cétait un rêve. Ca va être un manque
terrible
Es-tu sensible à la difficile situation politique de
ton pays ?
Je préfère mettre une croix sur ce sujet et ne
pas en parler
Es-tu croyant ?
Je suis même pratiquant
Selon toi, la religion doit-elle avoir certaines
limites ?
La religion musulmane respecte tout le monde.
Personnellement, je mimpose mes propres limites par rapport à Dieu. Je prie pour
moi, pas pour X ou Y.
Te sens-tu privilégié par rapport à nombre de tes
compatriotes ?
Pas seulement par rapport à mes compatriotes. Je
pense aux gens victimes du chômage, de la maladie
Je ne veux pas oublier ces
personnes. Un peu dhumilité.
Tu paris quelquun de très calme. Quest-ce
qui, dans la vie, pourrait te faire sortir de tes gonds ?
Pour ménerver, il en faut beaucoup !
Je ne montre jamais ma colère. Cela ne sert à rien. Je garde tout pour moi. Je ne peux
pas mextérioriser sur le coup. Quand quelque chose dégénère, je préfère
men aller
La colère nest jamais bonne conseillère. Dans ces
moments-là, on nest plus soi-même. On est capable de toutes les bêtises
Sur un terrain, après un méchant tacle, comment
réagis-tu ?
Je ne dis jamais rien. Mais on nest à
labri de rien. Jespère simplement que cela ne marrivera jamais.
A ce propos, quelle est ta réaction vis-à-vis du geste
de George Weah à lencontre de Jorge Costa ?
Il est bien évident que George a dû être
harcelé tout le match pour réagir de la sorte. Ce nest pas dans sa nature de
frapper quelquun. Quand tu reçois un, deux puis trois coups, tu peux céder à la
violence. Mais je ne peux pas juger, je nai pas assisté à lincident. Cela
métait arrivé en Algérie. Un joueur mavait provoqué, mais javais
évité laffrontement direct. En fait, je navais pas adressé la parole à mon
agresseur. A mon avis, la meilleure gifle est dignorer lautre.
Adoptes-tu le même comportement à Auxerre et en
Algérie ?
Pas du tout. Quand je retourne là-bas, je
madapte aux traditions algériennes. Lorsque je reviens ici, cest tout à fait
différent. La culture nest pas la même.
Lorsque tu es arrivé en France, quest-ce qui
ta le plus surpris ?
La mentalité des gens. Je découvrais un autre
monde. LEuropéen est quelquun de froid. Chacun vit pour soi. Au fil du temps,
jai compris beaucoup de choses. Ce qui ma le plus troublé, cest que tu
ne peux pas te rendre chez un copain sans le prévenir. En Algérie, cette attitude est
inconcevable. On débarque chez les gens à limproviste et cest la
fête ! Mais ici, même avec un excellent pote, si tu fais ça, tu passes pour un
dingue !
A loccasion des traditionnels vux de fin
dannée, que peut-on te souhaiter pour 1997 ?
Réussir mon transfert à la fin de la
saison ! |
 |