Page précédente

Sabri  LAMOUCHI

Né le 9 novembre 1971 à Lyon (Rhône)

Taille : 1,79 m Poids : 72 kg

Poste : Milieu

International A', A - France

1er match en D1 : 29 juillet 1994, Strasbourg-Auxerre : 1-1

1er but en D1 : 10 septembre 1994, Caen-Auxerre : 1-5 (12ème)

       Arrivé d'Alès en Division 2, Sabri LAMOUCHI a été très rapidement sollicité en première division. Ailier droit pour remplacer Christophe COCARD blessé, il s'est ensuite imposé au milieu de terrain aux côtés de Corentin MARTINS et autre Moussa SAIB. Joueur doté d'une très bonne vision du jeu, il a brillé sous les couleurs auxerroises avant de quitter l'Yonne pour Monaco.

Clubs successifs - Joueur

Saisons

Clubs

1977 - 1981

AS Duchère

1982 - 1989

Cascol Oullins

1990 - 1994

Alès (D2)

1994 - 1998

Auxerre (D1)

1998 - 2000

Monaco (D1)

2000 - 2003

Parme (Italie)

2003 - 2004

Inter Milan (Italie)

2004 - 2005

Gênes (Italie)

2005 -

Marseille (L1)
Palmarès - Joueur

1996

Vainqueur de la Coupe de France (Auxerre)

1996

Champion de France de Division 1 (Auxerre)

2000

Champion de France de Division 1 (Monaco)

2002

Vainqueur de la Coupe d'Italie (Parme)

Bilan auxerrois
 

nb de matchs

nb de buts

Division 1

129

19

C. de France

13

2

C. de la Ligue 7 -

C. d'Europe (*)

22

4

C. Intertoto 5 -
(*) Total : C1+C2+C3
Carrière internationale

12 matches en équipe de France A - 1 but

Premier match en équipe de France A : 24 janvier 1996, France-Portugal : 3-2

Premier but en équipe de France A : 27 mars 1996, Belgique-France : 0-2 (72ème)

Dernier match en équipe de France A : 24 mars 2001, France-Japon : 5-0
A participé au Championnat d'Europe des Nations 1996 (1/2 finaliste)
Photos

Cliquez sur les photos pour les agrandir

Article
Article paru dans Planète Foot de Mai 1996 :

Sabri LAMOUCHI

        Le milieu auxerrois n’a pas toujours eu la vie belle. Issu d’une famille nombreuse, dans une cité d’Oullins, il a préféré le foot aux études. Et il va saisir la chance de sa vie, quand il choisit le CASCOL, qui évolue en DHR. Après ? Direction Alès…
       Ambiance de banlieue. Une cité bétonnée aux immeubles encadrant un terrain de sport à la pelouse râpée. "Tous les soirs après l’école, à La Duchère dans notre cité de "la Sauvegarde", on refaisait la Coupe du monde ou la Coupe d’Europe. A chacun son équipe favorite (l’Allemagne, le Brésil, la France, l’Argentine, la Hollande, Barcelone, le Real Madrid). A chacun son joueur fétiche (Platini, Van Basten, Valdo…). Les 4-4, ou les matches "suisse" (un contre un avec un gardien) n’en finissaient pas." Sabri a 16 ans, il a toujours été élevé dans la banlieue lyonnaise. A Vaise tout d’abord, jusqu’à l’âge de 4 ans puis à Oullins, un quartier réputé difficile dans la région.
       Il vit à "la Sauvegarde" dans un appartement, chez ses parents. Mohamed, le papa employé aux Messageries lyonnaises de presse ; Yaminala, la maman qui fait des ménages ou garde des enfants et ses quatre sœurs Ouahida, Aoussafe, Nadia et Amel, âgée aujourd’hui de 23, 20, 15 et 13 ans. Quelle famille ! "C’était génial. Je ne faisais jamais la vaisselle", rigole Sabri. Né en France, mais d’origine tunisienne, il est heureux chez lui. "La famille Lamouchi est extraordinaire, confirme Jean-Paul Ancian, grand ami de Sabri et l’un de ses entraîneurs de l’époque. Il a longtemps vécu dans le cocon familial et montrait un équilibre incroyable et une maturité impressionnante pour un gamin de son âge. Avec lui, on avait déjà des discussions de personnes âgées."
       Côté humain, tout semble marcher. Et côté foot ? Depuis l’âge de 6 ans, il joue à l’AS Duchère. En Minimes 2, en 84/85, il a dû s’exiler au Club Athlétique Sportif des Cheminots d’Oullins et de Lyon. Pourquoi ? Explication de l’intéressé : "C’est simple, nous n’étions plus que trois joueurs pour former l’équipe. Alors, je suis parti." Le CASCOL, c’est le deuxième plus grand club omnisports de la région, après l’Olympique Lyonnais. On y pratique tous les sports, du foot au judo, en passant par le tennis, la gymnastique et même la pétanque ! De la section foot sont sortis les Nantais Ferri et Chanelet, le Montpelliérain Blanc ou encore l’ex-Auxerrois Garande. "J’y ai franchi tous les échelons et joué à tous les postes, explique Sabri. Arrière gauche en Pupilles, je suis passé milieu défensif en Minimes et j’ai fini avant-centre en Cadets nationaux." C’était en 86/87. Sabri, à 15 ans, va vivre un moment important de sa jeune carrière. Jean-Paul Anclan, reprend : "Il allait passer Juniors 1 en 87, quand je l’ai remarqué, lors d’un match de Cadets nationaux. J’ai flasché sur lui au bout de trois minutes de jeu. Sur le terrain, il possédait une vision du jeu formidable et une bonne approche technique. En dehors, il était apprécié de tous. Il savait écouter puis, parler sans s’énerver. Physiquement, en revanche, il était juste. Grand et frêle, on l’appelait "Mouche".
       Nous sommes en juin 87. Le coach de l’équipe première du CASCOL (et responsable de la section foot), qui évolue en DHR, le veut dans son équipe. "Sabri ne savait que faire, reprend monsieur Ancian. Mois je ne voulais pas voir un tel talent partir ailleurs. Je lui ai dit que je le prenais pour jouer avec les Seniors en le surclassant. Dans le même temps, l’AS Duchère voulait absolument le récupérer…" Par n’importe quel moyen ? "Comme leur club était à un quart d’heure de chez les Lamouchi, ils lui ont proposé, comme prime à la signature en Juniors 1, une Mobylette !" Sabri restera finalement au CASCOL.
        Bien lui en a pris. Il va vivre la plus belle saison de sa jeune carrière : "J’étais à un âge où tous les jeunes partaient dans des centres de formation, reprend Sabri. Mais je ne me sentais pas mûr. Je voulais encore profiter de ma famille et jouer en Seniors à Oullins. C’est pourquoi je suis rester." Au contact de Jean-Paul Ancian, il va s’éclater durant la saison 87/88. Sa dernière au club. En juin 88, à presque 17 ans, il sent que son poulain est prêt. Les contacts affluent. Sabri est suivi de près par Metz en D1, Lyon, Alès et Dijon en D2. Très vite, Metz et Dijon, puis Lyon se sont lassés. Seul Alès, avec Léonce Lavagne (entraîneur de la D2) et Pierre Barlaguet (responsable de la formation) le veulent à tout prix. "Tous s’est encore passé très vite, explique l’international. Lors d’un stage de quinze jours, les dirigeants se sont décidé au bout de trois jours ! Et j’ai signé. C’était la chance de ma vie. Car l’école : les rédactions, les poésies à apprendre, les révisions, les examens, tu m’as compris… Je ne pensais qu’au foot." Cette chance, à Alès, dans un contexte favorable, tranquillement, Sabri va la saisir. Sa carrière est lancée. Sans le savoir "La Sauvegarde" a accouché d’une star, un futur membre de l’équipe de France.


Histoire de l'A.J. Auxerre    http://www.histoaja.free.fr