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Olivier  KAPO

Né le 27 septembre 1980 à Abidjan (Côte d’Ivoire)

Taille : 1,85 m Poids : 80 kg

Poste : Attaquant

International 18 ans, Espoir, A - France

1er match en D1 : 26 février 1999, Auxerre-Lens : 1-2

1er but en D1 : 5 décembre 1999, Auxerre-Metz : 1-1 (72ème)

       Olivier KAPO est un produit du centre de formation auxerrois qu'il a fréquenté avec Djibril CISSE. La complicité des deux joueurs s'est également exprimée sur le terrain où ils ont fait les beaux jours de l'A.J.A. Olivier KAPO était un très bon relais entre le milieu de terrain et l'attaque, sa vivacité lui permettant de nombreuses prouesses. Malheureusement ses prestations étaient parfois d'un niveau inégal. Il a quitté l'Yonne pour la Juventus de Turin.

Clubs successifs - Joueur

Saisons

Clubs

-

Choisy-le-Roi

1994 - 2004

Auxerre (L1)

2004 - 2005

Juventus de Turin (Italie)

2005 - 2006

Monaco (L1)

2006 - 2007

Levante (Espagne)

2007 -

Birmingham City (Angleterre)
Palmarès - Joueur

1996

Champion de France des moins de 15 ans (Auxerre)

1999

Champion de France des réserves Pro (Auxerre)

2003

Vainqueur de la Coupe de France (Auxerre)

2003

Vainqueur de la Coupe des Confédérations (France)

2005

Champion d'Italie (Juventus de Turin)

Bilan auxerrois
 

nb de matchs

nb de buts

Division 1

120

19

C. de France

9

1

C. de la Ligue 11 -

C. d'Europe (*)

13

2

C. Intertoto 8 1
Trophée des Champions 1 1
(*) Total : C1+C2+C3
Carrière internationale

Premier match en équipe de France A : 7 septembre 2002, Chypre-France : 1-2

Premier but en équipe de France A : 20 novembre 2002, France-Yougoslavie : 3-0 (70ème)

A participé à la Coupe des Confédérations 2003 (Vainqueur)

Photos

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Article
Article paru dans France Football du 23 Novembre 2001 :

Kapo, la belle mécanique

        Pilier de l’AJ Auxerre – qui se déplace dimanche à Lyon – et de l’équipe de France Espoirs, avec Djibril Cissé, ce meneur de jeu au toucher de balle exceptionnel est une des révélations de la saison. De la Côte d’Ivoire à la Bourgogne, en passant par la région parisienne, itinéraire d’un surdoué.

       Pour les journalistes adeptes des jeux de mots croustillants, son nom se déguste comme du pain bénit. Depuis ses débuts dans le milieu pro, le 26 février 1999, lors d’un Auxerre-Lens, Olivier s’est habitué à voir son patronyme accommodé à toutes les sauces, version automobile, bien entendu : "Auxerre en a sous le Kapo", "Kapo, le moteur libéré", ou bien encore "Kapo a du coffre", tels sont, pêle-mêle, les titres qu’ils a pu lire à droite et à gauche…
       A force, ces expressions faciles, glissées dans un papier ou dans un compte-rendu, pourraient l’irriter, mais lui s’en moque. Avec le temps, le milieu auxerrois a appris à ne plus y prêter attention, prenant ces détournements de langage avec le sourire. "Je n’y fais plus gaffe, rigole-t-il. Ce genre de choses me suis depuis le centre de formation. Quand j’étais en moins de 15 ans, j’entraînais les gamins de l’AJA, le mercredi après-midi. Tous m’appelaient "Kapote" pour me titiller. C’était des gosses, et ça me faisait rire. Ca durait cinq minutes et, après, c’était fini."

La même trajectoire que Boli

       Olivier, à juste raison, est fier de son nom et de ses origines ivoriennes. Pour les besoins de la cause, il se fend toutefois d’une nouvelle explication sur son patronyme, souvent utilisé avec des rallonges à ses débuts. "Au départ, les gens m’appelaient Olivier-Narcisse Kapo-Obou, précise ce natif d’Abidjan. En fait, mon vrai nom est Kapo et mon premier prénom Olivier. Narcidde et Obou sont seulement les prénoms de certains de mes oncles. Ils m’ont été donnés à ma naissance par mes parents, comme cela se fait souvent en Afrique, pour rendre hommage à mes aînés. Alors, dans vos articles, appelez-moi simplement Olivier Kapo. Après, si vous voulez faire du style, c’est votre affaire !"
       Origines black à part, Olivier perpétue à l’AJA la tradition des talents venus de Côte d’Ivoire, que Guy Roux a su attirer très tôt dans sa pépinière. Avant lui, il y a eu Didier Otokoré et, surtout, Basile Boli, le grand frère de toute une génération ivoirienne, qui a su faire une belle publicité pour l’AJA à travers tout le continent. Hormis leur poste sur le terrain, Olivier et Basile (mais aussi Roger Boli) ont emprunté des parcours identiques. Tout comme l’ancien défenseur, l’actuel milieu offensif est donc né à Abidjan, il y a vingt et un ans. Tout comme lui, il a rejoint la France sur le tard, à l’âge de dix ans. Et tout comme Basile, il s’est installé en région parisienne après avoir tapé dans ses premiers ballons à l’ombre de l’ASEC ou de l’Africa Sport, les deux clubs phares d’Abidjan.
       Si le premier s’était posé du côté de Romainville, Olivier, sa mère, ses frères et ses sœurs ont rejoint Choisy-le-Roi, où vivait une tante, jumelle de la mère de famille. D’ailleurs, dès qu’il a un moment aujourd’hui, l’Auxerrois d’adoption rejoint sa famille pour un dimanche au bercail, à Yerres (Essonne), dans le beau pavillon qu’il lui a offert avec ses premières primes de match.
       C’est en effet dans la grand banlieue parisienne que tout a commencé pour lui. Fils d’un ancien international ivoirien, Georges Kapo, et d’une sextuple championne de Côte d’Ivoire du 400 mètres (de 1963 à 1969), Awa Cherif. Olivier était prédestiné à un de ces deux sports. Suivant l’exemple des autres enfants de sa cité, il bascule dans le foot dès son arrivée en France, en signant sa première licence de pupilles à Choisy-le-Roi, un club alors entraîné chez les seniors par Dominique Bathenay. Retenu en équipe minimes du Val-de-Marne, Olivier ne pourra malheureusement pas honorer cette convocation. De nationalité ivoirienne à l’époque, il ne peut être sélectionné.
       Alors pour chasser cette déception, il se décide à envoyer quelques candidatures spontanées afin de postuler à l’entrée dans un centre de formation. Le gamin n’a que treize ans, mais déjà pas mal d’ambitions et beaucoup de débrouillardise. "J’ai écrit à trois clubs : Auxerre, Bordeaux et Monaco", se souvient Olivier, qui deviendra français à sa majorité et connaîtra sa première sélection avec les 18 ans tricolores de Jean-François Jodar. "Pour Bordeaux, j’attends encore la réponse, alors que Monaco m’a dit que son effectif était déjà complet. Seule l’AJA m’a répondu. Je m’en souviens comme si c’était hier. Nous étions environ quatre-vingts pour cette détection et nous avons été que deux sélectionnés au final. Cependant, il y avait un problème par rapport à mon âge. N’ayant que treize ans, étant en troisième au collège, je ne pouvais pas intégrer directement le centre de formation. Alors, j’ai passé des tests avec les plus grands et on m’a mis en classe de foot-études pour patienter. J’ai attendu l’année suivante pour entrer au centre."

Un passeur de première pour son copain "Djib"

       C’est à ce moment que la grande aventure commence pour Olivier, que les premiers titres tombent. Avec les Vandenbossche, Marin, Siriex ou Virlogeux, partenaires de formation qui deviendront professionnels comme lui, Kapo est sacré champion de France des moins de 15 ans contre Toulouse FC, qui compte dans ses rangs Philippe Mexès, l’un de ses futurs partenaires auxerrois. C’est à cette époque aussi que naît une grande amitié avec un petit nouveau qui deviendra par la suite son complice à la ville comme sur les terrains : Djibril Cissé. "Ca, c’était à la rentrée 1996", se rappelle Olivier, qui découvrira vite, au fil des discussions avec son nouveau copain de chambre, que celui-ci est un cousin lointain…
       "Daniel Rolland est venu me voir en me disant qu’il y avait un Ivoirien qui arrivait de Nîmes et que ce serait bien si je pouvais l’aider à s’intégrer. Entre nous, le courant est rapidement passé. On s’est mis à délirer ensemble, on mettait un de ces bordels dans la chambre ! Aujourd’hui encore, on se téléphone trois ou quatre fois par jour après les entraînements, et il nous arrive de regarder des filmes ensemble, des cassettes africaines, comme les Guignols d’Abidjan, notre préférée. Tout de suite, nous avons été comme des frères car nous avons la même culture et le même sang africain dans nos veines. La seule différence, c’est que "Djib" est plus extraverti et moi davantage introverti. En tout cas, pour ceux qui ne me connaissent pas bien…"
       Sur les pelouses, force est de constater que les deux compères s’entendent comme des bidasses en folie. Cette complicité n’est d’ailleurs pas sans rappeler le duo messin que constituaient Pires et Pouget, alors surnommés les "PP flingueurs". Eux, c’est plutôt la paire "CK", à ne pas confondre avec Calvin Klein pour ces deux férus de mode. Les statistiques sont là pour souligner cette entente plus que cordiale. Meilleur passeur du championnat avec cinq offrandes, Olivier en a délivré trois à l’attention de Djibril, face à Rennes (deux fois) et contre Sedan, sans compter celles données avec les Espoirs, dont la dernière remonte au barrage des Championnats d’Europe contre la Roumaine (4-0), la semaine dernière à Brest.
       "Avec le temps, puisque nous jouons ensemble depuis l’âge de seize ans, nous avons appris à nous entendre, explique Olivier. Je connais ses appels par cœur et le relation est devenue quasi instinctive. Je sais où Djib veut le ballon, mais je ne vous le dirai pas, sinon Guy Roux risque de m’engueuler ! Nous n’avons cependant trouvé notre véritable rendement en D1 que depuis cette saison, avec le retour du coach aux commandes. Grâce au recul qu’il a pris pendant une saison, il a eu l’intelligence de rétablir l’ordre, mais surtout de changer notre système de jeu et de remettre certains joueurs à leur vraie place. Il a vu que Fadiga n’était pas un ailier gauche mais bien un milieu gauche. Il a placé Tainio bien en milieu défensif, et moi, il m’a remis derrière Djibril. Ces modifications, conjuguées au retour de Lachuer, qui a été décisif, ont changé le visage de l’équipe mais également l’ambiance dans le groupe. Aujourd’hui, notre vestiaire vit, rigole, ce qui explique aussi nos bons résultats. Il n’y a pas de clans. Les Blacks, les jeunes et les anciens, on prend tous du plaisir et on se défonce les uns pour les autres. Ce qui n’était pas toujours le cas l’année passée, où quelques anciens mettaient trop de pression sur l’entraîneur."

Relancé par Guy Roux

       Sans qu’il soit nommé directement, on reconnaîtra derrière cette formule l’ombre de Stéphane Guivarc’h. Si le champion du monde est parti de l’AJA à l’intersaison, ce n’était pas seulement une question d’opportunité, mais un chois de la part de Guy Roux. Ce dernier n’a pas voulu brider plus longtemps le duo Kapo-Cissé avec la pression de cet "ancien", que Rolland était souvent obligé de faire jouer pour des questions de statut tant sportif que financier.
       Bien qu’il ait disputé 29 matches la saison dernière en D1, Olivier ne s’est pas tellement éclaté, au contraire de cette saison, où il se régale. "L’année passée, je n’étais pas bien dans ma tête", avoue le grand milieu offensif à la patte gauche exceptionnelle, sous contrat jusqu’en 2004 avec l’AJA, et sur qui lorgnent déjà Arsenal et le PSG.
       "Ce n’était pas à cause de M. Rolland, pour lequel j’ai beaucoup de respect car il m’a formé, mais à cause de l’ambiance générale. Elle n’était pas bonne. C’est pour ces raisons que j’ai eu des périodes de doute et que je songeais parfois à partir. Heureusement qu’il y avait l’équipe de France Espoirs pour me maintenir la tête hors de l’eau ! Désormais, tout est rentré dans l’ordre. Les anciens, comme Yann (Lachuer), Fabien (Cool) ou Khalilou (Fadiga), nous montrent la voie et nous donnent envie de bosser. L’AJA est redevenue une famille et, si l’ambiance reste telle quelle, on peut faire de grandes choses."
       A commencer par battre Lyon, dimanche, et se dévoiler ainsi comme un véritable outsider pour le titre.


Histoire de l'A.J. Auxerre    http://www.histoaja.free.fr